Caractéristiques :
Epave non identifiée d'un vapeur, d'environ 80 mètres de long, propulsé par une machine triple expansion alimentée par 2 chaudières.
Historique:
Au moins 5 épaves de vapeurs coulés en 1917 reposent au large de la bouée SN1 : il s'agit de l'ESTRELLANO, de l'ANTONIOS STATHATOS, du FRIMAIRE, du GIOVANNINA et du SAVIO, et il reste juste à trouver qui est qui... Une rapide description de chaque navire s'impose :
- FRIMAIRE (1778 t) : vapeur britannique construit en 1900 sous le nom de CORSO par R. Dixon à Middlesbrough, de 83 m de long propulsé par une triple expansion, il est torpillé le 15 mars 1917 par l'UC21 (Oberltn Reinhold Saltzwedel, bien connu dans le secteur) alors qu'il navigue sur lest dans un convoi entre St Nazaire et Bayonne (12 morts).
- SAVIO (1922 t) : vapeur italien construit en 1888 sous le nom de DISCOVERY par J.L. Thompson & sons à Sunderland, de 87 m de long propulsé par une triple expansion, il est arraisonné le 23 avril 1917 par l'UC36 (Kpt Ltn Gustav Buch) et coulé par des charges explosives alors qu'il navigue seul entre Glasgow et Gênes avec 3000 tonnes de charbon (pas de victime). Pour plus d'info : http://www.archeosousmarine.net/savio.html
Le DISCOVERY
- GIOVANNINA (3030 t) : vapeur italien construit en 1892 sous le nom de LINDISFARNE par R. Thompson de Sunderland, de 100 m de long propulsé par une triple expansion, il est arraisonné le 3 mai 1917 par l'UC61 (Kpt Ltn Georg Gerth) et coulé par des charges explosives alors qu'il navigue seul entre Catania (Sicile) et Liverpool avec 1700 tonnes d'agrumes (1 victime)
- ESTRELLANO (1161 t) : vapeur britannique construit en 1910 par Ramage & Ferguson à Leith, de 70 m de long propulsé par une triple expansion, il est torpillé le 31 octobre 1917 par l'UC71 (Oberltn Ernst Steindorff) alors qu'il naviguen dans un convoi entre Porto et Londres avec des marchandises diverses (3 morts)
- ANTONIOS STATHATOS (2743 t) : vapeur grec construit en 1901 par J. Blumer & Co à North Dock, de 97 m de long propulsé par une triple expansion, il est torpillé le 1er décembre 1917 par l'U84 (Kpt Ltn Walter Roehr) alors qu'il navigue dans un convoi entre Bordeaux et l'Angleterre.

Un sister ship de l'Antonios Stathatos
Ces brefs historiques sont représentatifs des tactiques d'attaque des allemands : tout navire isolé est coulé par bombe de manière à économiser les torpilles, bien trop précieuses. Par contre, aucun élément ne permet de différencier facilement ces navires (en dehors de l'orientation des épaves).
L'épave décrite correspond à la plus proche de SN1.
La Plongée: (Par Manu)
Pas de courant, peu de vent, marée de mortes eaux : les conditions semblent idéales pour une plongée sympa, à 1h30 de Zodiac de l'Herbaudière... La mise à l'eau se fait rapidement et nous nous déhalons tranquillement le long du mouillage. Vers 12 mètres, la thermocline réduit la visibilité à moins d'un mètre : pas grave, on fait juste attention de ne pas perdre le bout. Vers 22 mètres, tout devient limpide, sans la moindre particule, bien qu'un peu sombre malgré le soleil radieux, et vers 25 mètres, l'épave apparaît dans sa quasi totalité sur un fond de sable : seule la proue reste invisible, mais le secteur de barre est parfaitement reconnaissable. C'est dément, la visi dépasse les 30 mètres : en continuant à descendre, j'aperçois les 4 autres palanquées en explo sur l'épave ! Bon au boulot maintenant...
Atterrissage sur une chaudière, basculée verticalement sur ses foyers et bardée de soupapes et de tuyaux cassés : juste à côté en repose une seconde, encore en place. Un grand condensateur est posé devant cette dernière. Nous partons vers la poupe : nous survolons la grosse machine triple expansion complètement renversée et l'arbre d'hélice qui disparaît rapidement sous la coque renversée du vapeur. Sur une zone d'une bonne vingtaine de mètres, on peut suivre la quille du navire bordée de grands pans de coque, présentant sur les côtés de grandes ouvertures permettant de découvrir les entrailles de l'épave. L'arrière du vapeur s'est désolidarisé du reste de l'épave : l'arbre d'hélice est cassé et la poupe a chaviré sur la droite. L'hélice à 4 pâles est intacte (estimée d'un diamètre de 2,5 à 3 mètres), de même que le gouvernail, prolongé par le secteur de barre qui s'ensable quelques mètres plus loin. Profondeur de 40 mètres environ : les minutes filent vite et le retour au mouillage s'impose. Juste le temps de regarder vers l'avant dans l'espoir d'y apercevoir un élément caractéristique, mais je ne distingue que de grands pans de coques rivetés jusqu'à "l'horizon"... Il faut maintenant remonter (doucement, faut pas exagérer) en se régalant de la magnifique vision de cette épave qu'on appréhende presque complètement...

Cette belle inconnue est couverte de tacauds, de gros lieux et chaque trou est habité d'un congre, d'un homard ou d'un dormeur. Les parois sont colonisées de corynactis, de gorgones, d'hydraires...
Merci à Jean-Luc Depreux pour ces magnifiques clichés :



Créer un site gratuit avec E-monsite.com
- Signaler un contenu illicite
- Voir d'autres sites dans la catégorie Aquatique
Créer un site e-commerce - Créer un forum